Revue de presse
"2011, ANNEE DES PATIENTS ET DE LEURS DROITS" - Source : www.hopital.fr
Comme un récent sondage (BVA) l’a mis en lumière, les Français sont insuffisamment informés sur les droits des patients : 70 % des personnes interrogées au cours de cette enquête ont en effet répondu « non » à la question « globalement, avez-vous le sentiment de savoir quels sont les droits des patients ? ». L’initiative prise par le ministère de la Santé vise à remédier à cette situation.
L’année des patients et de leurs droits s’articule autour de trois axes. Le premier, intitulé « faire vivre les droits des patients », se décline de la façon suivante : l’information du patient, la prise en considération des personnes les plus vulnérables dans la connaissance et l’accès aux droits ; les moyens mis à la disposition des usagers et de leurs représentants.
Le deuxième axe est « la bientraitance à l’hôpital ». Il vise à identifier les moments où se noue la relation de bientraitance lors du séjour à l’hôpital : accueil et accompagnement des patients, assistance à la toilette, aux repas, besoins fondamentaux, consultations, traitements, prévention de la douleur… Les meilleures pratiques seront identifiées et des recommandations diffusées aux professionnels pour améliorer la bientraitance à l’hôpital.
Enfin, le troisième axe, appelé « le citoyen, acteur de sa santé », est centré sur l’évolution des aspirations des citoyens vis-à-vis de leur santé et le rôle des nouvelles technologies de l’information (dont internet en particulier) dans leur rapport aux décisions qui les concernent.
Des travaux préparatoires ont été engagés en septembre 2010 autour de ces trois axes afin de mettre en place des actions concrètes en 2011.
Pour plus d’informations sur « 2011, année des patients et de leurs droits », consultez le site internet du ministère de la Santé."
"COMBIEN COUTE UN HOPITAL ? - Source : www.hopital.fr
"L'Observatoire des coûts de la construction hospitalière publie une étude riche d'enseignements sur les dépenses de construction des établissements de soins. S'il n'existe pas véritablement de situation type, un certain nombre de tendances se dégagent néanmoins.
Créé en 2004, l'Observatoire des coûts de la construction hospitalière est l'une des composantes de l'Agence nationale d'appui à la performance des établissements de santé et médicosociaux (Anap). L'étude de l'Observatoire porte sur 357 opérations d'investissements hospitaliers, réalisées entre 2004 et 2010. Celles-ci représentent environ 5 millions de mètres carrés de locaux, dont 90% de constructions neuves. Elles concernent de structures publiques aussi bien que privées. A travers cette étude, l'objectif est de mettre à dispositions des gestionnaires hospitaliers un document de référence, leur permettant de se situer et de situer les offres qui leur sont faites par les prestataires dans le cadre d'une opération d'investissement.
Il ressort de ces travaux que plusieurs facteurs influent sur le coût d'une opération d'investissement. C'est le cas notamment de l'importance de l'opération. Les projets publics dits en "loi MOP" (pour loi du 12 juillet 1985 sur la maîtrise d'œuvre publique) présentent ainsi un coût moyen de construction de l'ordre de 2.030 euros HT/m2 (pour une taille médiane de 40.000 m2), contre 1.744 euros/m2 pour la conception-réalisation directe (pour une taille médiane de 30.000 m2) et 1.667 euros/m2 pour le secteur privé (pour une taille médiane de 20 000 m2).
Si l'on considère un hôpital général (autour de 20.000 m2), la forme de l'opération - maîtrise d'ouvrage publique ou privée - influe peu sur le coût et la durée de l'opération. En revanche, les opérations en loi MOP - généralement les plus importantes - présentent des durées de réalisation sensiblement plus longues, avec un écart de l'ordre de vingt mois.
Une hausse des prix qui ralentit enfin
L'étude de l'Observatoire montre aussi que les opérations d'investissements hospitaliers ont subi une forte hausse des prix entre 2004 et 2008. Au cours de cette période, l'augmentation a atteint environ 10% par an, soit plus que l'indice BT01, autrement dit la référence officielle de révision des prix de la construction, qui mesure l'évolution du coût des facteurs de production dans le bâtiment. Les auteurs de l'étude expliquent cette forte progression par la hausse des matières premières et par le grand nombre d'opérations lancées au cours de la période, qui ont pesé sur l'évolution des prix. La hausse s'est en revanche ralentie à partir de 2009, sous l'effet de la crise économique et du durcissement de la concurrence.
Après s'être ainsi intéressée aux coûts hospitaliers, l'Anap devrait prochainement publier une étude sur les coûts de construction des établissements d'hébergement pour les personnes âgées dépendantes (Ehpad), autrement dit les maisons de retraite."
"PALMARES DES HOPITAUX : TOULOUSE ET LILLE EN TETE" - Source www.lepoint.fr
"Les CHU de Toulouse (1er) et Lille (2e) arrivent encore en tête de la 14e édition du palmarès des 50 meilleurs hôpitaux publics de métropole étudiés pour la qualité de 63 spécialités médicales et chirurgicales, que publie jeudi Le Point. Les CHU de Toulouse (1er) et Lille (2e) arrivent encore en tête de la 14e édition du palmarès des 50 meilleurs hôpitaux publics de métropole étudiés pour la qualité de 63 spécialités médicales et chirurgicales, que publie jeudi Le Point.
Depuis plusieurs années ces deux hôpitaux caracolent en tête de ce tableau d'honneur complété d'un palmarès des 50 meilleures cliniques privées prenant en compte 37 spécialités. Suivent les CHU de Bordeaux, Pitié-Salpêtrière-Paris (en hausse), le CHU de Montpellier, les hôpitaux universitaires de Strasbourg, les CHU de Nantes, Nancy, Rennes, Rouen (en hausse), Tours, Nice, Grenoble, Caen (en hausse).
L'hôpital Nord de Marseille (5Oe) ferme le ban. Pour figurer au classement final, un établissement doit fournir un service médical et chirurgical complet. Les établissements de soins spécialisés en sont donc écartés, mais apparaissent dans les classements sur la prise en charge des cancers ou des maladies infantiles.
Côtés cliniques, le centre hospitalier privé Saint-Grégoire (Ille-et-Vilaine) remporte la palme, suivi par l'hôpital privé Jean Mermoz de Lyon et les Nouvelles Cliniques nantaises de Nantes. La version 2011 ajoute cinq classements (chirurgie esthétique, diabète, épilepsie, hypertension artérielle, leucémies) aux 58 classements thématiques de l'an dernier (attaques cérébrales/AVC, chirurgie de l'oeil, de l'obésité, des artères, urgences traumatologiques...).
L'hebdomadaire (www.lepoint.fr) dénonce les retards français en matière d'épilepsie avec une "chirurgie, pourtant efficace" mais "sous-employée". "20% des malades sont victimes d'erreurs de diagnostic", lance le Pr Alexis Arzimanoglou du comité national pour l'épilepsie. Patients diagnostiqués à tort épileptiques, ou prenant un médicament destiné à une autre forme d'épilepsie que celle dont ils souffrent : ces "erreurs sont malheureusement trop courantes", déplore le spécialiste pour qui l'insuffisance en moyens humains est "essentiellement" en cause.
Il n'y a pas assez de centres de neurochirurgie pour enfants. Résultat "révoltant", selon lui : "environ cent enfants sont opérés par an, alors que les besoins sont trois fois plus importants". Le Point a également enquêté à Londres au coeur du système de contrôle centralisé de la qualité des soins regroupant 800 inspecteurs qui peuvent surveiller seize critères de "performances" et de "résultats" (nutrition, gestion des médicaments, des plaintes, infections nosocomiales, mortalité...). En France rien de tel, constate le magazine."
"CADRE EN SERVICE DE SOINS, UNE POLYVALENCE PARTICULIERE"
Source : par Stéphane BOUREL, www.cadre de sante.com
"Depuis la loi du 31 juillet 1991 portant réforme hospitalière, les cadres infirmiers sont associés à la gestion des services de soins. « Le chef de service ou de département… est assisté, selon les activités du service ou du département par une sage-femme, un cadre paramédical ou un cadre médico-technique pour l’organisation, la gestion et l’évaluation des activités qui relèvent de leurs compétences. » De même, la création d’une direction du service de soins infirmiers, la mise en place des conseils de service, de la commission du service de soins infirmiers ont légalisé la présence et le rôle de l’encadrement au sein du dispositif hospitalier.
Aujourd’hui, nous nous représentons cette fonction en nous appuyant sur notre réalité : les textes législatifs auxquels se rajoutent nos valeurs propres. De même nous visualisons la fonction infirmière au travers des textes la régissant et de notre propre expérience.
« L’organisation nouvelle ne pourra naître que si de nouvelles manières de penser, d’être soi-même et d’être ensemble émergent. »Il semble indispensable d’identifier tous ces paramètres précités pour que chacun des acteurs de santé puissent se positionner et permettre ainsi d’œuvrer vers un soin de qualité avec le patient, usager, citoyen au cœur du système sanitaire. Les mutations actuelles de la santé accentuent ce flou qui entoure la fonction de cadre dans le milieu hospitalier. La fonction d’encadrement a considérablement évolué au fil des années. Initialement centrée sur un rôle de surveillance et d’application des directives médicales, elle est progressivement devenue autonome et tient un rôle central dans les établissements de soins. L’accomplissement de tâches administratives et de gestion a modifié l’exercice de cette fonction jusqu’à questionner notre corps professionnel sur sa place institutionnelle.
Marc LIVET, président de l’association des cadres et infirmiers en santé mentale (ASCISM) pose cette question : « Les cadresinfirmiers ne risquent-ils pas, à terme, d’abandonner les espaces cliniques et de ne plus pouvoir se prévaloir de leur fonction, essentielle, de garant de la qualité des soins ? ».
De même, une enquête de Brigitte POSTEL-FERRY intitulée « Qu’est-ce qui fait souffrir les cadres ? » évoque des contradictions institutionnelles majeures, un changement des valeurs, des contraintes multiples, des logiques centrales et locales opposées : « Catalyseurs des contradictions de l’organisation hospitalière, boucs émissaires et bonnes à tout faire, les cadres infirmiers manifestent leur malaise et témoignent de leur mal-être. »
Ces deux exemples illustrent parfaitement le contexte actuel dans lequel évolue la profession de cadre de santé. Une enquête conduite en 1996 auprès de 44 établissements de santé de l’Ouest de la France indiquait les attentes des partenaires (Directeurs d’hôpitaux, directeurs du service de soins infirmiers, cadres supérieurs infirmiers, infirmiers, aides-soignants, médecins) vis à vis des cadres infirmiers de proximité.
L’étude recensait cinq attentes :
1/ Le cadre infirmier de proximité est un acteur de changement. Il s’inscrit non seulement dans les évolutions actuelles mais il peut les anticiper.
2/ Il est un leader qui passe rapidement de la réflexion à l’action, sans être autoritaire mais en faisant autorité.
3/ Il est animateur. Il mobilise et dynamise l’intelligence de tous les soignants. Il donne à chacun la possibilité de trouver sa place.
4/ Il doit être pédagogue et stratège en permettant aux soignants qu’il encadre d’optimiser leur potentiel.
5/ Il est soit expert, soit doté d’une expertise.
A travers cette étude, nous remarquons que les différents partenaires du cadre de santé semblent avoir des attentes précises sur son rôle au sein du système hospitalier. Mais qu’en est-il de la réalité quotidienne d’un service de soins ? Quel positionnement le cadre adopte-t-il pour répondre à cette demande ? « Dans le mouvement actuel qui n’est fait que d’évolution, d’adaptation transitoire, rechercher un état stable est illusoire. Dans ce contexte, la fonction prioritaire d’encadrement du cadre de santé est de réunir les conditions nécessaires pour permettre aux équipes de soins de s’inscrire dans une co-évolution créatrice. » [4]. Nous pouvons trouver un embryon de réponse dans cette citation. L’aspect essentiel est la notion de mouvement perpétuel du milieu sanitaire et implicitement des acteurs qui y exercent. Cette mouvance exige une adaptabilité des professionnels concernés. Pour être efficace, cette co-évolution soumise par Marie-Odile GALANT, nécessitera que les attentes sur les missions et le rôle des acteurs d’une unité de soins soient verbalisés et identifiables par tous les partenaires.
Aujourd’hui, Le personnel de santé a des exigences exprimées, des attentes en regard du travail qu’il effectue. Il souhaite exercer son métier de manière efficiente, en accord avec des valeurs individuelles et communes, mais aussi au regard de son épanouissement personnel. Force est de constater que les multiples changements intervenus dans le monde de la santé ont bouleversé cet état, nous pourrions citer de manière non exhaustive, la prégnance du facteur économique sur la logique debesoins, l’augmentation de l’activité de soins face à une certaine pénurie de moyens…
Dans ce contexte de turbulence, la difficulté d’exister dans toutes ses dimensions pour un soignant est de plus en plus verbalisée. Le rôle du cadre de santé semble essentiel pour dépasser ces difficultés liées à une évolution rapide et soutenue. « Le cadre n’est pas celui qui fait ; il n’est pas non plus celui qui se contente de faire faire ; le cadre est celui qui organise les conditions pour que puisse se faire… » [5]. Pour exécuter cette mission, une formation adaptée est indispensable, notamment en terme de management. A cet égard, les instituts de formation des cadres de santé proposent des bases sérieuses pour pouvoir aider les futurs cadres à se construire, à gérer un groupe de soignants. « Un groupe n’est pas une oasis ni un paradis. Il serait illusoire et utopique d’y postuler un accord et une harmonie parfaite… il s’agit de vivre la solidarité, l’appartenance et l’intégration". « Le groupe doit se fixer des règles, se donner un pouvoir, dégager des procédures de travail et de décisions qui lui sont propres. Il doit être flexible, créatif et capable de changement. Chaque membre a ses habitudes, ses connaissances et ses antécédents qui viendront déterminer l’utilisation de son énergie. »
Le groupe de soignants qui compose un service de soins doit apprendre à ses membres à fonctionner ensemble dans le respect de l’individualité de chacun. Toute unité de soins vit et vivra des conflits : conflits interpersonnels lors de changements organisationnels, tensions avec l’autorité que représente le cadre ou le médecin… Nous pouvons mesurer l’importance du rôle du cadre de santé à travers cela puisqu’il est le garant du bon fonctionnement du service.
Les soubresauts qui agitent le monde hospitalier ont éveillé cette nécessité d’une évolution conjointe des professionnels de la santé. Cette évolution ne peut prendre racine sans une connaissance exacte des fonctions et missions de chacun des acteurs. L’infirmier et le cadre de santé sont ancrés dans la réalité à laquelle ils appartiennent. Cette réalité est fonction de leurs valeurs, de leurs sentiments, de leurs émotions mais aussi de leurs histoires et de l’histoire du service dans lequel ils exercent. Les représentations sont un système de valeurs que chaque individu construit pour interpréter et penser le quotidien. Il semble important de pouvoir les identifier pour construire un projet commun qui permette de fédérer les attentes et les valeurs individuelles.
Deux éléments me semblent intéressants à développer à ce stade de l’article : La réalité et les représentations sociales.
LA REALITE
La réalité est l’univers dans lequel nous évoluons et auquel nous appartenons. Nos réalités sont constituées d’aspects forts différents. Nous pouvons citer :
Les aspects matériels.
Les sentiments, les émotions, les perceptions.
Les valeurs individuelles et collectives.
Les images ou représentations.
La réalité présente dans le milieu hospitalier est issue d’un passé, d’un tissu d’histoires qui l’ont constituée dans son état présent. Pour connaître parfaitement cette réalité, nous devons dégager et analyser des réalités secondaires, périphériques, prendre en compte le contexte. Chaque soignant, chaque patient, chaque unité de soins ont construit l’hôpital tel que nous le vivons aujourd’hui. « Chaque réalité est le centre de l’univers, d’un univers » nous dit Roger NIFLE, philosophe. Chaque soignant vit donc une réalité qui lui est propre, individuelle, selon la position professionnelle qu’il occupe au regard de son histoire, de ses valeurs, de son rôle, de son statut…
« Deux réalités différentes sont donc, soit deux univers différents qui se croisent, soit elles sont hiérarchisées l’une par rapport à l’autre selon mon point de vue ou celui que partage un groupe humain. » Roger NIFLE. Cette citation suppose que lorsque nous parlons de notre réalité ou d’une réalité, il faut lui donner un centre, une raison d’être, un sens. C’est ce que nous faisons en la nommant. La réalité d’un service de soins est le patient et la qualité des soins. Identifier ainsi la mission du système hospitalier n’est pas la définir par opposition à autre chose, c’est la différencier de toute autre réalité et fédérer les valeurs de chacun des acteurs vers un but commun.
Trois dimensions se retrouvent dans toute réalité selon Roger NIFLE
Une dimension subjective. C’est par l’intuition que nous pouvons reconnaître, en chaque individu, des signes identiques à notre être propre.
Une dimension objective qui est analytique. C’est la dimension par laquelle nous considérons la composition de la réalité. Nous pouvons alors inventorier et dénombrer ses composantes pour connaître objectivement la réalité en question.
Une dimension rationnelle. Toute réalité est la présence de quelque chose parmi d’autres réalités. Elle appartient toujours à une réalité plus large à laquelle elle participe. De même, elle est toujours composée de réalités qui la construisent.
LES REPRESENTATIONS
La transition entre la réalité et les représentations sociales nous est proposé par MOSCOVICI : « Tout objet ou comportement social est une réalité plus une représentation. » Pour le dictionnaire Petit Larousse, le terme de représentation signifie « ce par quoi un objet se présente à l’esprit (image, concept…). C’est également une perception, une image mentale… dont le contenu se rapporte à l’objet, à une situation, à une scène… du monde dans lequel vit le sujet. »
D’après JODELET, « la représentation est un ensemble organisé d’opinions, d’aptitudes, de croyances et d’informations qui se référent à un objet ou à une situation. Elle est déterminée à la fois par le sujet lui-même (son histoire, son vécu), par le système social et idéologique dans lequel il est inséré et par la nature des liens que le sujet entretient avec ce système social. »
Selon ABRIC, la représentation « est le produit et le processus d’une activité mentale par lequel un individu ou un groupe reconstitue le réel auquel il est confronté et lui attribue une signification spécifique. »
Pour MOSCOVICI, c’est « un système de valeurs, de notions et de pratiques relatives à des objets, des aspects ou des dimensions du milieu social, qui permet non seulement la stabilisation du cadre de vie des individus et des groupes, mais qui constitue également un instrument d’orientation de la perception des situations et d’élaboration des réponses. »
D’après ces auteurs, nous pouvons postuler que la représentation sociale est une manière d’interpréter et de penser notre réalité quotidienne. Elle est un ensemble de connaissances, de croyances, d’opinions au regard d’un objet social. Ce système de référence, de signification permet d’interpréter, de comprendre, d’expliquer. Il a pour but de donner du sens aux choses. « Nous avons toujours besoin de savoir à quoi nous en tenir avec le monde qui nous entoure. Il faut bien s’y ajuster, s’y conduire, le maîtriser physiquement ou intellectuellement, identifier et résoudre les problèmes qu’il pose. C’est pourquoi nous fabriquons des représentations. »
Les représentations sociales sont « socialement élaborées et partagées » car elles sont constituées à partir de nos expériences, des savoirs et des modèles de pensée que nous recevons et transmettons par la tradition, l’éducation et les relations sociales. Nous rejoignons là, la notion d’habitus chère à Pierre BOURDIEU.
La représentation sociale peut donc se définir comme une vision fonctionnelle de la société ou du milieu hospitalier dans le cadre de cet article. Cette vision permet au soignant ou au groupe professionnel de donner un sens à ses conduites et de comprendre la réalité à travers son propre système de référence. Il peut ainsi s’adapter et trouver une place dans cette réalité. « Elle n’est donc pas un simple reflet de la réalité, elle est une organisation signifiante. »
Trois facteurs semblent essentiels pour élaborer des représentations sociales
Les facteurs culturels. Ils sont liés à l’histoire du groupe et à sa mémoire collective.
Les facteurs liés au système de normes et de valeurs. Pour qu’un individu reconnaisse et s’approprie une pratique, il faut qu’elle lui apparaisse comme acceptable par rapport à son système de valeurs.
Les facteurs liés à l’activité du sujet. Pour ce qui nous concerne, ce sont les activités et le rôle des personnels de santé.
Les représentations sociales, dans le milieu hospitalier, sont organisées, selon le corps professionnel, autour d’un noyau central qui donne à la représentation sa signification. Ce noyau correspond au système de valeurs d’un individu et d’un groupe. Nous évoquons ici la notion de culture organisationnelle. Cet élément sera, dans la représentation, celui qui va le plus résister au changement puisqu’il s’appuie sur l’histoire d’un groupe, avec de multiples facteurs formels et informels.
Selon S. MOSCOVICI, la représentation sociale est analysable selon plusieurs critères :
L’attitude. Elle exprime un positionnement, une orientation positive ou négative par rapport à l’objet de la représentation.
L’information. Ce sont les connaissances relatives à l’objet de la représentation sociale. « On reconnaît généralement que les représentations sociales, en tant que système d’interprétation régissant notre relation au monde et aux autres, orientent et organisent les conduites et les communications. » En règle générale, le comportement des hommes est fonction de la représentation qu’ils ont des autres. Par exemple, dans un service de soins, le cadre de santé et l’infirmier exercent ensembles au service du patient. Chacun se réfère à ce qu’il pense connaître de l’autre. Le cadre de santé a déjà sa propre expérience d’infirmier et s’appuie sur les textes législatifs et sur sa formation en institut de formation des cadres de santé pour appréhender le quotidien infirmier.
L’infirmier construit sa relation au cadre de santé à travers son histoire, l’histoire du service, la pression de ses collègues…
Les représentations construites par chacun vont permettre d’appréhender l’environnement du service de soin et de s’ancrer dans la réalité. Elles vont assurer une fonction de cadre de référence à travers lequel les acteurs vont intégrer des normes, des règles qui régiront le fonctionnement au sein de l’unité. De plus, nous fonctionnons tous sur le principe de l’identification, du modèle ou de l’anti-modèle pour nous construire. Qu’elle soit positive ou négative, cette identification oriente nos choix, nos représentations, notre vision de la réalité, nos attentes. Le milieu professionnel n’est pas exempt de ce type de fonctionnement.
CROZIER et SERIEYX analysent dans leur ouvrage « Du management panique à l’entreprise du 21è siècle » que le cadre de santé se présente comme « celui qui sait écouter les différents partenaires, mener une analyse approfondie de la situation et gérer la cohérence et la synchronisation dans l’application des différentes responsabilités. Les relations entre les individus deviennent ainsi prépondérantes pour rester efficaces… ». Cette réflexion implique que les compétences attendues par nos institutions doivent être verbalisées, expliquées aux professionnels de santé. Il semble évident de passer par un travail d’information, d’échanges pour que l’équipe soignante puisse appréhender totalement la volonté de l’institution, exposer leurs propres attentes et créer une synergie propre à la mission du service hospitalier. Cette démarche, dont le cadre de santé est l’axe central, doit permettre d’éviter certains dysfonctionnements ou conflits générés par le manque d’informations et l’incertitude sur l’avenir. « L’efficacité des équipes est fonction des qualités de ses cadres, en grande partie. » La notion de management qui émane de cette réflexion me conduit à dire que « l’art du management pose comme principe qu’un dirigeant doit posséder une bonne connaissance de tous les aspects techniques de sa fonction, mais aussi les talents nécessaires pour manager son équipe… »."